Plus diplômées que les hommes, les femmes accèdent moins souvent aux postes de cadres

Les femmes sont dans l'ensemble plus diplômées que les hommes. Elles sont pourtant moins présentes sur le marché du travail, tout particulièrement aux postes de cadres. Au service de la mise en œuvre de l'égalité professionnelle hommes-femmes, cet indicateur mesure l'écart paradoxal dans les territoires entre niveau de formation et accès féminin aux postes à responsabilité.

Méthodologie

L'indicateur

Il met en rapport le nombre de femmes de haut niveau de formation (Bac+2 et plus) occupant un poste de cadre ou une profession intellectuelle supérieure et le nombre total de femmes de haut niveau de formation .

Champ

Il est disponible depuis le niveau infracommunal jusqu’au niveau national. Les données sont uniquement disponibles pour les communes qui comportent des Iris.

Source

Cet indicateur est construit à partir des fichiers détail du recensement de la population de l’Insee.

Précaution de lecture

L'obtention d'un haut niveau de formation (Bac+2 et plus) ne prédestine pas dans tous les cas les femmes à occuper un poste de statut cadre. Certaines, de niveau Bac+2 ou Bac+3, exercent leur activité dans la catégorie professions intermédiaires ou employées. L'information renseigne tout de même sur l'ampleur du décalage entre formation acquise et emploi occupé, y compris pour les générations plus anciennes, qui, sans haut niveau de formation, occupent plus souvent des postes à responsabilité à la suite de progressions de carrières. L'intérêt est de comparer l'ampleur de cet écart entre territoires.

Le contexte

A niveau égal de formation, les femmes n’accèdent pas dans les mêmes proportions que les hommes aux postes de cadres. Bien que souvent plus diplômées, elles occupent des postes à moindre responsabilité.
Cette inégalité professionnelle tend néanmoins à se réduire. La proportion des femmes est plus élevée parmi les nouvelles générations de cadres. Jamais les femmes n’avaient atteint ces positions professionnelles, depuis ces dernières années dans d’aussi grandes proportions. Ces progrès résultent de la réussite croissante des jeunes femmes en matière de formation. En parallèle, la proportion de jeunes femmes sans diplôme continue de régresser.

De forts écarts persistent tout de même. La France reste très en retard concernant la participation des femmes à la vie économique et leurs évolutions de carrière. Ces écarts s’expliquent par la spécificité des parcours professionnels des cadres selon le sexe, avec en particulier des interruptions de carrières et une pratique du temps partiel plus fréquentes chez les femmes. Même si un nombre croissant de femmes exerce une activité professionnelle de type cadre, l’articulation entre la sphère privée et le monde du travail s’avère souvent contraignante, les amenant plus fréquemment à réduire leur temps de travail que les hommes. En conséquence, les femmes ne bénéficient pas pleinement de leur niveau de diplôme sur le marché du travail.

Apports de l’indicateur

Cet indicateur permet de mettre en exergue l’adéquation entre le niveau de formation et le nombre de femmes cadres. Une faible part de femmes diplômées (Bac+2 et plus) occupant un poste de cadre témoigne d'une situation locale en décalage, où les femmes n'ont pas accès aux postes à responsabilité dans les mêmes proportions que les hommes.

De fortes disparités s’observent entre territoires. Parmi ceux où les femmes diplômées accèdent le moins aux postes de cadres, les communes du Nord et du Pas-de-Calais sont surreprésentées. Ainsi, pour la commune de Mazingarbe (Pas-de-Calais, environ 8 000 habitants), seuls 2,9 % des femmes diplômées (Bac+2 et plus) occupent des postes de cadre, contre un taux presque dix fois plus élevé au niveau national (26,2 %). A l’opposé, les taux d’accès les plus élevés des femmes diplômées aux postes de cadres se répartissent majoritairement dans les Yvelines, les Hauts-de-Seine, et le Val-de-Marne. La commune de Jouy-en-Josas (Yvelines, environ 8 000 habitants) présente un taux très élevé (54,1%). Par contre, l’écart de genre se situe dans la moyenne nationale (écart de 17 points entre hommes et femmes pour l’accès des diplômés aux postes cadres pour cette commune, contre 18 en moyenne en France métropolitaine).

Pour la commune d’Alençon (Orne, environ 26 000 habitants), ce sont seulement 22,9% des femmes diplômées (Bac+2 et plus) qui exercent un emploi de cadres ou professions intellectuelles supérieures. Pour les hommes de cette commune, cette part est près de deux fois supérieure (41,4%).

Que faire de cet indicateur ?

Cet indicateur soulève la question de l’accès des femmes aux postes à responsabilité. Le champ des politiques publiques d’égalité entre les femmes et les hommes s’applique à l’Etat et à toutes les collectivités publiques. Il convient de cibler les différences significatives qui existent dans la structure des emplois, en particulier pour ceux qui sont les mieux rémunérés et appelant le plus de responsabilités. Des solutions peuvent être mises en œuvre pour favoriser l’égalité de genre dans cette catégorie d’emplois.

L’accompagnement des entreprises apparaît comme un des premiers leviers à engager. Les écarts observés peuvent en effet provenir d’inadéquations entre les qualifications des femmes et les secteurs susceptibles de recruter sur le territoire. Des dispositifs de formation orientés vers les femmes peuvent alors être envisagés pour satisfaire les compétences recherchées par les entreprises locales.

Enfin, l’enjeu réside dans l’articulation entre l'activité professionnelle et l'exercice des responsabilités familiales. Les emplois de type cadres peuvent demander plus de disponibilité, souvent difficilement compatible avec les contraintes de la vie familiale. Les collectivités sont à même d’apporter des réponses, à travers la proposition de solutions en modes de garde pour jeunes enfants et la sensibilisation des entreprises en faveur d’aménagement d’horaires de travail adaptés tant pour les hommes que pour les femmes. De même, une analyse de l’accès aux services publics des différentes catégories de ménages peut être menée par les collectivités locales (avec un regard sur la situation des familles monoparentales).


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L’objet de cet article est de mettre à disposition une approche globale des enjeux liés à l’indicateur croisée par une présentation des spécificités territoriales. Si vous souhaitez aller au-delà de l’analyse présentée dans ce site, et notamment obtenir des valeurs pour un territoire (quartier, commune, intercommunalité, département, région, …) vous pouvez prendre contact avec le Compas qui dispose d’outils spécifiques adaptés à votre demande.

Enfin, le Compas a créé un outil extranet accessible par abonnement qui reprend les indicateurs clés d’un territoire déterminé, des possibilités de comparaisons spatiales, des cartographies et un suivi de ces indicateurs dans le temps. Si vous souhaitez nous contacter, le Compas reste à votre disposition : contact@compas-tis.com

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